[ Campagne de Gyr Abania ] Specula Imperatoris

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Message par Seiko le Dim 19 Nov - 20:07

Tous les habitants du QG de fortune d'Ala Ghiri auront pu découvrir Seiko dans son mode de repos de l'extrême. Les tensions de la dernière mission et le sauvetage d'Ishmael l'ayant poussée dans ses retranchements.

Un observateur attentif aura don pu observer une période d'hibernation d'environ 2 jours... durant lesquels la jeune Ao'ra ne se sera levée que pour manger et se soulager la vessie. Elle aura d'ailleurs oublié ses bonnes manières en ne rangeant jamais sa vaisselle... et en répondant à toute tentative de communication par un simple mouvement de tête suivit d'un regard épuisé.

Seiko

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Re: [ Campagne de Gyr Abania ] Specula Imperatoris

Message par Beretha Blacksteel le Mar 21 Nov - 17:56





Le jour se couchait sur ce qu'il restait du champ de bataille qui s'était tenu à Specula Imperatoris. Un vent silencieux faisait rouler casques et fragments d'armures encore égarés sur le sable du sol aride des Pics, alors que les rayons rougeâtres du soleil disparaissant derrière les monts venait caresser les restes de la tour qui était tombée.

Les corps des tombés avaient été récupéré par les Grandes Compagnie, et il ne restait des combats que les armes abandonnées au milieu de quelques traces brunes éparses et séchées entre quelques carcasses de machines impériales éventrées ou explosées.

Debout sur un mont surplombant Specula Imperatoris, Beretha se tenait droite, le visage perdu dans une expression douloureuse, alors que le vent susurrait à son oreille tout en faisant onduler sa tignasse pourpre contre ses joues.

Un frisson parcouru son échine alors qu'une brise plus forte que les autres chassait un peu de sable accumulé sur ses épaules, en même temps qu'elle séchait une larme coulant sur sa joue, traçant un sillon dans la poussière recouvrant sa peau.
Depuis combien d'heure la machiniste était-elle perchée là, à fixer en silence les vestiges de leur affrontement pour Specula Impératoris? Combien de cris avait-elle crut encore entendre en écho, alors qu'elle se revoyait fuir la tour, sous la pluie de débris qui avaient eu raison de son épaule, de la jambe de Sakopi ou de l'armure d'Arkael? Combien de fois avait elle revécu en mémoire la chute de la tour, ressentit son cœur s'arrêter en songeant à ceux qui avaient chuté avec elle?



Un rictus douloureux retroussa ses lèvres sur ses dents en même temps qu'un sanglot soulevait sa poitrine. Elle se revoyait courir vers la tour tombée, se frayant un chemin entre les corps inanimé et les blessés, entre les râles d'agonies et les air hébétés de ceux qui n'avaient pas encore compris ce qu'il venait de se passer. Qui le pouvait, d'ailleurs? Qui pouvait, en cet instant, assimiler que l'Empire venait de tirer sur ses propres hommes? Que l'ordre avait été donné de faire feu alors que tout le monde se battait encore?  

Laissant un souffle tremblotant s'échappa de ses lèvres, alors que les mains de la machiniste se crispaient alors qu'elle se revoyait creuser de sa seule main valide, dégageant les débris de la tour avec la force du désespoire pour retrouver leurs alliés et amis, aidée par tous ceux qui étaient encore debout et entier.
Le premier visage que Beretha retrouva fut celui d'Armantel, salement amoché, du sang coulant abondement de son nez fendu. La jeune femme s’attela à dégager l'elezen des décombres et d'inspecter son état. Autour d'elle, peu à peu, tout le monde fut sortit des vestiges.

Beretha ferma les yeux, son cœur s'arrêtant une seconde fois, alors que le cris de M'laiboli lui perçait a nouveau les tympan. Ishmael était coincé sous un imposant débris métallique, et il fallut la force combinée de plusieurs hommes et femmes pour l'en tirer. L'homme gisait... livide, comme mort, son poitrail enfoncé. Mais ses yeux étaient ouverts et ses lèvres se mouvaient. Il était encore en vie.
La machiniste se remémorait, dans un souvenir flou, Seiko qui s'approchait du corps du Commandant pour apposer ses mains sur son torse, et dans une éblouissante lumière, remettre sa cage thoracique en place, permettant à Ishmael de prendre une nouvelle inspiration, retrouvant son souffle.

Un nouveau sanglot agita les épaules de la machiniste qui était toujours là, debout, à regarder les restes du champ de bataille, revoyant encore et encore ces images d'horreur en tête. Mais ils étaient tous saufs. Valeriande avec son bras cassé, Solid blessée, Nariyasu qui soignait ses plaies... Ils avait tous survécu a l'horreur. Combien n'avaient pas eu cette chance?...

Le regard de Beretha balaya lentement les restes d'armures et de machines impériales, sa vision brouillée par ses larmes. Combien étaient morts? Combien de père, de frère, de fils... combien d'ami ou d'amant ne rentreraient jamais chez eux? Combien étaient mort de la propre main de leurs alliés, de leurs supérieurs, de ceux en qui ils avaient confiance et pour qui ils se battaient? Combien avaient hurlé d'horreur dans leur dernier instant alors que le canon tirait, et que la tour chutait? Et combien allaient encore périr, des deux camps, dans les batailles a venir?

Pinçant ses lèvres, Beretha baissa la tête et leva une main pour la poser sur son cœur, et pour la première fois de sa vie, elle pria. Sans vraiment savoir qui, sans vraiment savoir quoi, la machiniste souffla une prière silencieuse, pour ceux qui étaient tombés, et pour ceux qui se tenaient encore.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la jeune femme releva le regard vers le ciel où les premières étoiles naissaient. La guerre n'était pas encore terminée, loin de là. Beretha, qui avait juré a tous vent de ne jamais se mêler à ce genre de chose, était pourtant maintenant au cœur des combats. Et tout compte fait, maintenant, la machiniste ne se voyait nul part ailleurs. Ce combat était aussi le siens, on avait besoin d'elle et de ses talents. Il tenait à présent aussi à elle de faire que la guerre ne s'éternise pas, et que les leurs ne soient pas tombés pour rien.
Le sang mhigois qu'elle croyait mort depuis des années se remettait à bouillonner dans ses veines, lui intimant une férocité naissante à l'encontre de ceux qui avaient commis des horreurs sans nom. Que ce soit au cœur des combats ou au fin fond de leurs laboratoires, les Garlemaldais étaient des monstres qui déversaient la douleur et la mort, et qu'il fallait éradiquer. Telle était la certitude qui se formait dans l'esprit de la jeune femme encore secouée.

Un piaillement sortit Beretha de ses pensées en même temps qu'elle sentit un petit coup contre son épaule. Tournant la tête, elle releva la main pour la poser sur le bec de son chocobo. Les plumes couvertes de sable, l'animal tremblotait légèrement dans le froid de la nuit et semblait quémander de rentrer.
Après un dernier regard sur Specula Imperatoris, la machiniste mit le pied à l'étriller et se hissa sur le dos de l'oiseau, qu'elle éperonna en prenant la direction d'Ala Ghiri, disparaissant dans un nuage de poussière, sous le regard froid et scintillant des cieux.

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