Mariage arrangé peu arrangeant

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Mariage arrangé peu arrangeant

Message par Oniyuri le Mer 17 Jan - 12:26

Ils avaient voyagé tout le jour, quittant Kugane au matin, pour se rendre à ce qu'il restait de Doma, où devait se trouver le père et les survivants de la famille d'Oniyuri. Cette dernière et Seiton avaient traversé la Mer de Rubis, avec leurs chevaux, a bord d'une embarcation large, puis avait atteint Yanxia paisiblement. A mis journée, ils avaient fait une alte, laissant leurs chevaux paître et se reposer. Les deux promis avaient partagé un repas simple, et profitait de ce voyage pour discuter et apprendre a se connaître. Après tout, s'ils avaient été désigné par d'autre pour vivre leur vie ensemble, autant essayer de faire que leur union se passe au mieux.

Oniyuri ne se privait pas d'observer longuement son fiancé, semblant le jauger à chaque regard. Ce qui n'arrangeait probablement pas le mal-aise lattent chez ce pauvre Seiton. L'archère n'arrivait pas encore a savoir si elle devait être satisfaite de cette union, tant le Xaela apparaissait très... différent de tout ce a quoi elle aurait pu s'attendre depuis l'annonce de son mariage.

Pour l'instant, elle se gardait de donner tout jugement définitif. De toute façon, malgré inattendue de la situation, ce n'était pas ce qui la préoccupait le plus.
Alors qu'ils remontaient sur leurs montures et reprenaient la route, la jeune Raenne portait son regard doré vers l'horizon, et leur destination : la demeure de son père.

Cela faisait maintenant trois ans qu'elle avait quitté sa famille et n'avait donné aucune nouvelle. Ayant rejoint la rébellion contre l'Empire, Oniyuri avait craint des représailles sur sa famille et avait préféré ne prendre aucun risque, évitant donc toute communication avec eux. Si ce choix l'avait à l'époque longtemps tourmenté – même si dans le même temps, ça lui faisait éviter, sinon repousser, le mariage arrangé – elle avait finit par s'y faire et avait même appris a aimer vivre par elle-même, sans pression familiale sur les épaules. Mais visiblement, on échappe pas aussi facilement a son destin... ou du moins a une belle famille domienne acharnée, et voilà qu'Oniyuri se retrouvait en chemin pour aller voir son père, accompagnée de celui qu'on lui avait désigné comme époux. Un bref soupire souleva sa poitrine alors qu'elle regardait le soleil descendre doucement derrière les montagnes.

Bientôt, les ruines de Doma furent en vue. Et après quelques courbettes protocolaires et d'interminables présentation et explications de leur venue, les fiancés furent conduit à une petite demeure près des écuries...


Oniyuri sentit son cœur se serrer en arrivant dans un salon à la décoration extrêmement simple. Mais elle ne prit pas vraiment le temps de détailler ce qui se trouvait autour d'elle. Elle en oublia même un instant l'imposant Xaela qui se tenait a ses côté.

Le regard doré de la jeune raenne s'était posé sur la silhouette massive, mais diminué, de son père. Assis dans une chaise visiblement faite sur mesure, l'Ao'ra avait un cache œil de cuir sur l'oeil droit. Le moignon de sa jambe gauche était a peine couvert d'un drap, qui chuta de toute manière quand celui-ci redressa son buste pour se penche en avant, en avisant celle qui se présentait a lui. Son dernier œil s'écarquilla légèrement, alors que son visage gardait une expression sévère et fermée, mais ses mains se crispant sur les accoudoirs trahissaient son émotion.

Une émotion qui faisait écho à celle que pouvait ressentir Oniyuri, qui se trouva d'abord figée, profondément touchée de revoir son père ainsi diminué. Ses lèvres tremblèrent légèrement, mais la fille s'inclina profondément devant son père, masquant ainsi ses grands yeux qui se troublaient. Elle prolongeait la pose, n'osant pas se relever, quand la voix rauque de son père se fit entendre.

« Trêve de courbettes formelles ma fille. Approche, viens dans les bras dans ton père qui ne peut t'atteindre. »

La jeune fille n'eut pas besoin de se l'entendre dire deux fois. Oubliant toute bienséance, occultant jusqu'à la présence de son fiancé, elle se redressa et courut jusqu'à son père, se jetant dans ses bras. Le raen massif serra fort l'archère dans ses bras, fermant son œil unique. Attiré par le bruits, deux ao'ra arrivèrent d'une pièces voisines, deux jeunes hommes portant eux aussi les stigmates de la guerre. La surprise pu se lire sur leur visage, ainsi qu'un profond soulagement, alors qu'ils accoururent a leur tour vers Oniyuri.

Autant dire que les retrouvailles furent ponctuées de larmes et de rires, et Seiton fut un peu oublié dans un premier temps. Le samouraï se garda bien de tout commentaire et resta respectueusement en retrait, observant sa promise tout un jour plus personnel, sans masque ni retenue. Difficile de dire ce qu'il en pensait, tant il s'efforçait de ne rien montrer.

L'émotion passé, on sécha les larmes, et ce qu'il restait de la famille Tsurune se présenta respectueusement à Seiton. Agashi, le père, inclina son buste autant qu'il le pu, alors que les deux frères aînés, Wataru et Hiroki, se fendirent d'une révérence profonde.

Seiton fut convié au dîner et invité a prendre place à côté du patriarche. Une discussion sereine eut lieu, la famille Tsurune s'informant poliment de qui était le futur époux de leur benjamine. Le soulagement de la retrouver en vie était palpable.
Oniyuri parla beaucoup, contant leur voyage, mais aussi ses trois années passées loin d'eux. Elle était enjoué et pleine de vie, riant à la moindre occasion. Encadrée par ses deux frères, elle avait retrouvé ce sentiment qui avait laissé un vide dans son cœur pendant trois ans : elle était chez elle. Sentiment qui lui nouait parfois le ventre lorsqu'elle posait ses yeux dorés sur Seiton. Bientôt, son « chez elle » serait ailleurs, loin des siens. C'était une pensée qui la minait intérieurement, mais elle tachait, pour une fois, de ne rien laisser paraître, offrant a son père et ses frères l'image d'une fille épanouie. Et même si elle s'efforçait de se dire que ce n'était pas la faute du samouraï, qu'il était tout autant qu'elle une « victime » dans cette histoire, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que si la rumeur avait été vraie, si le Xaela avait effectivement été tué, elle n'aurait pas ce sentiment à présent. Une pensée qui lui était d'autant plus douloureuse qu'elle s'en voulait de l'avoir, par égard pour ce fiancé qu'elle devait s'efforcer de comprendre et d’accepter.



Le repas terminé, les fiancés furent inviter a passer la nuit chez les Tsurune. Ce qu'Oniyuri accepta, sans même consulter Seiton, emportée par la joie de les avoir retrouvé. Le samouraï fut inviter a visiter la chambre qui lui fut désignée, et de son côté, la jeune raenne aux yeux dorés s’éclipsa, seule mais emportant son précieux shamisen, pour se rendre sur les tombes de sa mère, et de ses deux autres frères tombés au combat. Elle y resta un long moment, malgré la nuit avancée. Ne sachant que dire, quelles prières formuler, ou quelle demande de pardon leur adresser, Oniyuri se contenta de s’asseoir dans l'herbe grasse. Installant son instrument sur ses genoux, la jeune femme ferma ses grands yeux dorés, et commença à pincer délicatement les cordes. La mélodie qui s'éleva dans les airs fut rejoint peu après par une voix juste, ni désagréable ni parfaite, mais dont le chant adressa une prière douloureuse aux siens qu'elle avait perdu, et a qui elle n'avait pu dire au revoir. La complainte dura un long moment, la voix se brisant parfois alors que quelques larmes roulaient sur les joues écailleuses.

Ce n'est que bien plus tard qu'Oniyuri rejoint la demeure, apaisée.

Oniyuri

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Re: Mariage arrangé peu arrangeant

Message par Sakopi Kâerell le Lun 29 Jan - 22:52

La nuit était déjà bien avancée. Ou alors, le matin allait commencer à poindre le bout de son nez écarlate. J'étais là, dans son lit. Elle avait fini par s'endormir, au bout d'un très long moment. Je pouvais sentir sa respiration calme et régulière, et son visage adoucit par le sommeil. Elle avait l'air bien dans mes bras. En tout cas ... Avoir sa peau et ses écailles tout contre moi, me faisait vivre une expérience toute singulière. Moi aussi, j'étais serein. Cela ne m'était pas arrivé depuis tellement longtemps ... Peut être même que je ne l'avais plus été totalement depuis que j'avais atteind l'âge de raison. Mais quand j'étais avec elle ... à me dire que nous allions passer le reste de notre vie ensemble ... Je sais que je ne serai plus jamais seul. J'étais diffèrent du reste de la famille. Un peu trop, peut être, à leur goût. Même si maintenant, tout ceci n'avait plus d'importance. J'étais expressif, aussi bien dans mes gestes que dans mes dires. Ce qui tranchait forcément avec la rigidité du clan. Mais malgré les punitions, malgré les remarques, malgré la désaprobation ... Je n'ai pas changé. J'étais resté ce gamin beuglant et souriant. Si je leur en voulait ? Absolument pas.

Je la sentis bouger entre mes bras. Elle se retourna et vint poser son front contre mon torse. Défnitivement, je pouvais affirmer qu'elle était sereine. Le dernier souvenir que j'avais d'une personne aussi proche de moi ... C'était quand ma lame venait s'enfoncer jusqu'à la garde dans son corps, et que je le tranchais. Si dans la vie quotidienne je n'avais pas réussit à devenir exemplaire selon les habitudes du clan, au combat, j'avais voué ma vie à rendre hommage à nôtre vénérable ancêtre. Oto-san m'avait bercé de ses histoires épiques que j'affectionne encore tout particulièrement. Je crois que ce sont ces histoires, qui on fait que moi aussi, je voulais devenir un personnage de légende, un jour. Pouvoir prétendre avoir fait des choses aussi mémorables que Kelal-kami-sama ... Et qu'on parle autant de moi que de lui dans plusieurs décennies. Non ... Je voulais simplement que Kelal puisse être fier de moi. Savoir que ses héritiers portent encore en eux la flamme de Kyuketsuki ...

Mais ma volonté de devenir toujours plus fort, venait de connaître une nouvelle motivation. Je ne pu retenir un sourire en la regardant. Je voulais devenir fort pour ne plus jamais revivre mon impuissance de la chute de Doma. Je ne voulais plus jamais perdre quelqu'un. Je croyais les avoir tous perdus ...  Toute ma famille ...Et je pensais mettre fin à mes jours, après avoir mit en sécurité le peu de personne que j'avais pu emmener avec moi en lieu sûr, chez les Mols. Et puis ... J'ai marché. Longtemps. Pourquoi ? Je ne savais pas. Alors que j'étais à bout de force ... J'ai croisé de jeunes Xaela au prise avec de grosses créatures que je n'avais jamais vu. Ils étaient terrifiés. Alors, j'ai fais ce pourquoi j'ai été formé. Après mon combat et étant sûr qu'ils ne risquaient plus rien ... J'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, j'étais dans une sorte d'écurie rudimentaire, sur un lit de paille. Et c'est ainsi que j'ai fais la rencontre des Dataq. Ce sont eux qui m'on permit de tenir, et mon honneur m'a rappellé qui j'étais, et ce que je devais faire. Être prêt pour le jour où je pourrais enfin venger mon clan. Et que le sang des impériaux coule dans Doma.

Mais je m'égare ... Son souffle chaud contre moi m'avait sortie de cette nostalgie. Doma avait été reprise, même si mon clan en avait bien souffert. Mais Arkael et Seiko allaient bien. Et j'avais Oniyuri maintenant ... Je pouvais maintenant regarder le futur. Et cette nuit ... Je me suis juré que je ne laisserai plus personne me les prendre. Jamais. Et que je serai fort pour les défendre sans devoir me sacrifier ... J'allais être un mari, et un beau jour, un père. Alors mourir n'était pas une option valable. Tout comme Kelal-kami-sama, je perdrais ma vie dans mon lit, après avoir réussit mes exploits au nom du clan, entouré de toute ma famille. Et il n'y aura pas de tristesse, pas de larme. Juste une vie remplie qui s'achève.

Cette nuit là, j'ai comprit comment otoosan avait pu renier son clan. Comment, pour une femme, il avait fait fi de ses ancêtres. Je comprenais son regard brillant pour elle. Et je me souviens de la douceur de cette étreinte et du baiser qu'il s'en est suivi, même si je suppose que je n'aurai jamais dû le voir. Okaasan, même si elle avait toujours cette froideur apparente ... Je le savais aussi. Elle ressentait la même chose à son égard, si ce n'est plus. Un regard discret et fugace entre l'un et l'autre en disait long. Et moi ... Et moi je comprenais cela, maintenant. Quand son regard est plongé dans le mien, et que le monde semble s'arrêter de tourner. Quand la savoir loin de moi m'angoisse et crée un vide que rien ne semble pouvoir combler. Je crois que l'amour avait réussit à m'atteindre. Je ne pensais pas vivre cela un jour, et je dois dire même que cela ne m'intéressait absolument pas. Je me voyais être au près d'Arkael, de sa femme et de ses enfants. Même si nous disions avec Seiko que nous aurons un jour nos enfants jouant dans la cour de la demeure famillial ... Je ne mentais pas, mais je ne pensais pas qu'un jour ce serait une réalité.

Mais ma vie prenait maintenant un nouveau tournant majeur. Et je le dois à elle, Tsurune-sama, Kushi-kami-sama et ... Sûrement aux kamis. Tout était trop parfait pour que ce ne soit que le fruit du hasard.

Je voyais maintenant le soleil se lever, mollement. Je ne voulais pas que ce moment s'arrête. Je la prie un peu plus contre moi. Qu'avais-je dit déjà ... Ah oui ...

-"Je serai toujours là. Qu'importe ce qu'il nous arrive, tu auras toujours mes bras dans lesquels tu pourras te blotir, mon épaule sur laquelle tu pourras pleurer, mes cornes pour t'écouter et mon arme pour te protéger. Et cela, je te le jure sur mon honneur de samouraï et de Lohikaarme."

Elle dormait, donc qu'importe que cela semble niais ou ... mielleux. Mais je voulais au moins le lui dire, même si c'était à voix basse et qu'elle était dans son songe. J'avais besoin de mettre un son à tout ceci. Je voulais me rendre compte que tout ceci était réel. Ma nouvelle vie commençait maintenant. Et je savais que le chemin pour être la personne que je voulais devenir allait être long et semé d'embûches.

Mais maintenant, j'étais prêt.

Sakopi Kâerell

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